Le groupe parlementaire PASTEF – Les Patriotes refuse, pour le moment, d’adopter le projet de loi de finances rectificative (PLFR) 2026 en l’état.
Après deux jours de travaux au sein de la Commission des finances et du contrôle budgétaire, les députés du parti au pouvoir pointent des désaccords sur les arbitrages budgétaires, les modalités de financement et les garanties de transparence fournies au Parlement.
Sans contester la nécessité d’ajuster le budget de l’État, PASTEF conditionne son accord à la prise en compte de cinq exigences majeures.
Le groupe réclame notamment la préservation de l’investissement public et des priorités sociales, des mesures durables pour protéger le pouvoir d’achat et réduire le coût de l’énergie, ainsi que des éclaircissements sur les 120 milliards de FCFA du CERP.
Les députés demandent également une réduction du train de vie de l’État, un meilleur encadrement des fonds spéciaux et des garanties sur la sincérité budgétaire et la transparence de la dette.
À quelques jours de la séance plénière prévue le mardi 27 octobre 2026, PASTEF se dit toujours ouvert au dialogue avec le gouvernement. L’issue des discussions pourrait ainsi peser sur l’adoption du texte et révéler la capacité des autorités à rapprocher leurs positions sur les choix budgétaires.
Le gouvernement parviendra-t-il à satisfaire ces cinq exigences avant le vote en plénière ? Les prochaines discussions seront déterminantes.
👇🏾Ci-dessous l’intégralité du communiqué.
À l’issue de deux journées de travaux en Commission des Finances et du Contrôle budgétaire, le Groupe parlementaire PASTEF – Les Patriotes a décidé de ne pas adopter le projet de loi de finances rectificative (PLFR) 2026 en l’état.Cette position ne remet pas en cause la nécessité de réviser le budget pour tenir compte des nouvelles contraintes économiques. Elle résulte de désaccords sur certains arbitrages budgétaires, les modalités de financement retenues et l’insuffisance des garanties apportées au Parlement. Au-delà du contenu du PLFR, nous regrettons que les préoccupations de la majorité parlementaire et les demandes de la Commission n’aient pas reçu toute la considération institutionnelle attendue. L’Assemblée nationale n’est pas une chambre d’enregistrement. Elle vote la loi et doit disposer de toutes les informations nécessaires à l’exercice de ses responsabilités.
Le Groupe parlementaire réitère sa disponibilité à échanger avec l’exécutif sur les conditions suivantes :1. Préserver l’investissement public et les priorités sociales : réexaminer les coupes affectant la santé, l’éducation, la formation professionnelle, l’hydraulique, les infrastructures, l’industrie et les autres projets structurants de l’Agenda national de Transformation ; faire porter prioritairement les ajustements sur les dépenses non essentielles ;2. Protéger le pouvoir d’achat des ménages et réduire durablement le coût de l’énergie : toute diminution des subventions énergétiques devra s’accompagner d’une réduction du niveau de taxation sur les produits pétroliers et des coûts d’approvisionnement et de production de l’électricité, sans augmentation des prix supportés par les ménages et les entreprises ;
3. Garantir la transparence sur les 120 milliards FCFA du Projet autonome de réponse d’urgence contingente (CERP) : transmettre les accords conclus avec la Banque mondiale, justifier l’origine, l’affectation et l’imputation budgétaire des ressources, ainsi que les conséquences sur les projets d’investissement dont les crédits sont reportés ;
4. Réduire le train de vie de l’État et encadrer les fonds spéciaux : accélérer la mise en œuvre du programme de rationalisation du secteur parapublic, prévoyant notamment la suppression de 19 entités et des économies budgétaires nettes d’au moins 55 milliards FCFA sur trois ans ; réduire les dépenses de fonctionnement non prioritaires et renforcer la traçabilité et le contrôle des fonds spéciaux, selon des modalités adaptées à leur nature ;
5. Garantir la sincérité budgétaire et la transparence sur la dette : justifier la sincérité des déficits projetés pour 2026 et 2027 au regard des ajustements en cours, du rebasing, de l’exécution effective des dépenses, notamment des investissements publics financés sur ressources externes ; communiquer les rapports d’audit de l’Inspection générale des finances (IGF) sur la dette non financière et de Forvis Mazars, et préciser les engagements financiers de l’État ainsi que la trajectoire de soutenabilité de la dette.
Les décisions engageant durablement les finances publiques doivent être accompagnées d’une information complète et soumises au contrôle de la représentation nationale. Les préoccupations exprimées par la majorité parlementaire doivent, sous ce rapport, recevoir des réponses précises et documentées. Le Groupe parlementaire PASTEF – Les Patriotes est ouvert au dialogue avec le Gouvernement avant la séance plénière, afin de parvenir à un accord.Le redressement des finances publiques ne saurait se faire au détriment du pouvoir d’achat des Sénégalais, ni au prix du sacrifice des investissements dont dépend l’avenir de notre pays. Notre objectif est clair : un budget transparent, sincère et soutenable, qui protège les Sénégalais aujourd’hui sans compromettre les capacités de développement du Sénégal de demain.






