Le président de la République du Sénégal, par ailleurs président en exercice de l’Union Africaine, a prononcé un discours » phare » lors de l’organisation de la 08 ème édition du Forum international de Dakar sur la paix et la sécurité en Afrique.
Le président Macky Sall a ainsi axé son intervention sur plusieurs volets, notamment le terrorisme qui continue à gagner du terrain en Afrique, la série de putschs, la crise économique mondiale, les dérives du numérique etc… Rappelons que le thème de la 8 ème édition de cette année porte sur « L’Afrique à l’épreuve des chocs exogènes : défis de stabilité et de souveraineté ».
Voici l’intégralité de son discours…,
« Je tiens tout d’abord à vous remercier chaleureusement, chers frères, Présidents Lourenço et Neves, d’avoir bien voulu rehausser de votre présence cette 8e édition du Forum international de Dakar sur la paix et la sécurité en Afrique, malgré vos agendas chargés.
Nous sommes honorés de vous compter parmi nous. En plus des pays amis qui participent régulièrement au Forum, nous sommes ravis de recevoir cette année une délégation saoudienne de haut niveau, conduite par Son Altesse Fayçal ben Farhan Al Saoud, Ministre des Affaires étrangères. Je salue et remercie tous nos hôtes, et leur souhaite un agréable séjour au Sénégal. J’exprime notre gratitude aux pays et institutions partenaires pour leur soutien renouvelé au Forum de Dakar. Le thème de cette 8e édition, L’Afrique à l’épreuve des chocs exogènes : défis de stabilité et de souveraineté, suggère de regarder la réalité du continent en face : expansion du terrorisme, conflits intra et inter étatiques, recrudescence des coups d’Etat, ingérence politico-militaire étrangère, et effets combinés du changement climatique, de la pandémie COVID-19 et de la guerre en Ukraine ; force est de constater que le tableau n’est pas reluisant. En posant la problématique des chocs exogènes, nous n’éludons pas pour autant les manquements dont les solutions relèvent de notre responsabilité, afin de favoriser les conditions minimales de paix et de stabilité propices au développement.
Il en est ainsi des changements anticonstitutionnels de gouvernement qui ont fait l’objet d’un sommet extraordinaire de l’Union Africaine en mai dernier. Quelle qu’en soit la forme, ces pratiques ne sont pas acceptables. Elles ne peuvent pas servir de remède à nos maux. Au contraire, elles les aggravent et nous retardent sur le chemin du développement. S’agissant du terrorisme en Afrique, ses multiples connexions avec l’extérieur en font une partie intégrante du terrorisme international. Si le continent est devenu aujourd’hui un des épicentres du terrorisme, c’est bien parce que le fléau est alimenté par la criminalité transfrontalière, la prolifération illégale des armes, les flux financiers et trafics illicites de tout genre, et la participation de combattants étrangers.
Des États sont menacés jusque dans leur existence, des vies humaines perdues au quotidien, des services sociaux de base détruits, et plus de 30 millions de personnes restent réfugiées ou déplacées à l’intérieur de leur propre pays. Face au terrorisme, les Opérations classiques de paix des Nations Unies ont montré leurs limites. Des casques bleus attaqués jusque dans leurs propres bases, sans capacités significatives de riposte, ne peuvent assurément pas protéger des populations menacées par des groupes terroristes. Comment d’ailleurs maintenir la paix quand elle n’est même pas rétablie ? En vérité, c’est toute la doctrine des Opérations de paix qu’il convient de mettre à jour en intégrant pleinement la lutte contre le terrorisme, y compris en Afrique.
Comme je l’ai indiqué dans mon adresse à la 77e Session de l’Assemblée générale des Nations Unies, le terrorisme qui gagne du terrain sur le continent n’est pas qu’une affaire africaine. C’est une menace globale qui relève de la responsabilité première du Conseil, garant du mécanisme de sécurité collective, en vertu de la Charte de l’Organisation. L’inertie du Conseil de sécurité dans la lutte contre le terrorisme en Afrique porte en elle la défaillance du système multilatéral.
Pour inspirer confiance et adhésion, le multilatéralisme doit servir les intérêts de tous. Autrement, il continuera de susciter la méfiance des uns, la défiance des autres, et de perdre ainsi la crédibilité et la légitimité attachées à son autorité. Je salue, à ce sujet, la position éclairée de Sa Sainteté le Pape François. Dans son récent livre intitulé : « Je vous demande au nom de Dieu…
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