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Condamnation définitive de l’opposant sénégalais Ousmane Sonko : Inéligibilité pour la présidentielle de 2024 et controverses persistantes

Le ministre sénégalais de la Justice a affirmé que la condamnation de l’opposant Ousmane Sonko dans une affaire de mœurs était désormais définitive, ce qui le rend inéligible pour l’élection présidentielle de 2024. Ousmane Sonko, en conflit avec le pouvoir et la justice depuis plus de deux ans, a été reconnu coupable le 1er juin de relations sexuelles avec une mineure et condamné à deux ans de prison ferme. Étant donné qu’il avait refusé de comparaître au procès, le jugement a été rendu par contumace.

Par la suite, il a été incarcéré fin juillet pour d’autres accusations, notamment incitation à l’insurrection, association de malfaiteurs liée à des activités terroristes et atteinte à la sécurité de l’État. Les autorités l’accusent d’être responsable d’une série de manifestations de contestation, les plus graves ayant eu lieu en juin, qui ont entraîné plusieurs décès.

Les avocats d’Ousmane Sonko affirment qu’il devrait être rejugé car il a été arrêté après sa condamnation par contumace, conformément aux lois en vigueur concernant les procès en absence. Cependant, le ministre de la Justice Ismaïla Madior Fall a indiqué dans une interview que Sonko avait été arrêté dans le cadre d’une autre affaire distincte de l’affaire de mœurs, et que par conséquent, la règle de préjugement en cas d’arrestation après contumace ne s’appliquait pas.

Le ministre a souligné que Sonko aurait pu se présenter volontairement devant les autorités s’il souhaitait contester sa condamnation par contumace. En l’absence de cela, sa condamnation a été considérée comme définitive, entraînant sa perte de droits électoraux et sa radiation des listes électorales. Le ministre a nié toute tentative de manœuvre pour éliminer un candidat à la présidentielle.

Ousmane Sonko a commencé une grève de la faim le 30 juillet et a été hospitalisé depuis le 6 août. Les autorités ont également dissous son parti politique et procédé à de nombreuses arrestations, ce qui a suscité des critiques de la part des défenseurs des droits de l’homme. Le gouvernement justifie ces actions en invoquant la nécessité de protéger la population contre ce qu’il considère comme un mouvement insurrectionnel. Le ministre de la Justice a estimé qu’environ 500 personnes étaient détenues en lien avec les troubles survenus en 2023, mais a nié l’existence de prisonniers politiques au Sénégal, affirmant que les personnes en détention avaient été impliquées dans des actes de violence et de destruction.

FALLOU SECK

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