Le rejet du projet de Loi de finances rectificative (LFR) 2026 continue d’alimenter les tensions au sommet de l’État. Cette fois, c’est Me Abdoulaye Tine, porte-parole de la Présidence de la République, qui monte au créneau. Dans un entretien accordé au journal L’Observateur, ce jeudi, le ministre-conseiller a vivement critiqué l’attitude de la majorité parlementaire dirigée par Ousmane Sonko, qu’il accuse de faire obstruction à l’action gouvernementale.
« Ma lecture est simple : nous sommes passés d’un désaccord budgétaire à une manœuvre d’obstruction », a déclaré Me Abdoulaye Tine. Il dénonce également une accumulation d’irrégularités procédurales dans le processus ayant conduit au rejet du texte budgétaire.
Au-delà des arguments financiers avancés par Pastef, le porte-parole de la Présidence soupçonne une motivation politique derrière cette position parlementaire. Il s’interroge notamment sur l’existence d’un éventuel « sentiment de vengeance envers le gouvernement », dans un contexte marqué par la rupture entre le président Bassirou Diomaye Faye et son ancien mentor, Ousmane Sonko, désormais président de l’Assemblée nationale.
Pour rappel, Pastef avait justifié son opposition à la LFR 2026 par un « profond désaccord » avec le parti présidentiel Kiiraay, mais surtout par ce qu’il considère comme un non-respect du principe de sincérité budgétaire. Un argument que Me Tine juge juridiquement infondé.
Le ministre-conseiller adresse également un avertissement à la majorité parlementaire. Si celle-ci persiste dans ce qu’il qualifie d’obstruction à l’action politique et budgétaire de l’exécutif, le gouvernement entendrait mobiliser les moyens nécessaires pour défendre ses prérogatives. « Le gouvernement démontrera qu’il ne se laisse pas faire », prévient-il, tout en précisant que le dialogue demeure la voie privilégiée.
Enfin, Me Abdoulaye Tine assure que le président Bassirou Diomaye Faye veillera à garantir la continuité de l’État. À cet effet, il évoque notamment le recours aux instruments prévus par la législation, dont les décrets d’avances en cas d’urgence.
Entre bras de fer parlementaire, divergences politiques et impératif de continuité de l’État, le dossier de la LFR 2026 s’impose plus que jamais comme un nouveau point de tension entre les deux pôles de l’exécutif sénégalais.






