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Marché des bracelets électroniques : la Chambre d’accusation se penche sur la demande de liberté de Moussa Seydi

La Chambre d’accusation se penche sur la demande de liberté de Moussa Seydi

La Chambre d’accusation du Pool judiciaire financier (PJF) examine, ce mercredi 28 octobre 2026, le dossier du marché des bracelets électroniques, selon L’Observateur. Au cœur de cette audience : la demande de liberté provisoire introduite par les avocats de Moussa Seydi, ancien directeur des finances, du budget, du matériel et des infrastructures pénitentiaires, après le rejet d’une première requête.

Placé sous mandat de dépôt le 23 juin 2026, Moussa Seydi est poursuivi pour détournement de deniers publics, escroquerie sur deniers publics portant sur 120 637 720 FCFA, faux en écriture publique authentique, association de malfaiteurs et blanchiment de capitaux.

Ses conseils entendent défendre leur demande devant la Chambre d’accusation, en contestant notamment la solidité des charges retenues contre leur client.

Plus de 3,6 milliards FCFA d’écart sur le premier marché

Le Parquet financier s’intéresse particulièrement à une avance de démarrage de 1 377 900 000 FCFA, ainsi qu’à un différentiel de 3 633 188 987 FCFA relevé sur le premier marché. Des montants que la défense conteste, estimant que l’examen des pièces justificatives, notamment les factures, les bons de livraison, les engagements et les contrats, ne permettrait pas de retenir des charges suffisantes.

L’enquête porte sur deux contrats conclus entre le ministère de la Justice et la société Colombe Cyber Defense Operations Center (CCDOC), pour un montant cumulé dépassant 12 milliards de FCFA.

Signé le 22 octobre 2020, le premier contrat porte sur l’acquisition de 1 000 bracelets électroniques pour 6 889 550 381 FCFA. Le second, conclu le 6 juillet 2023, concerne également 1 000 dispositifs, pour un montant de 5,34 milliards de FCFA.

Selon les éléments de l’enquête préliminaire de la Division des investigations criminelles (DIC), le Payeur général du Trésor et de la Comptabilité publique aurait versé 8 911 018 101 FCFA à la société CCDOC entre 2020 et 2024.

Des écarts financiers au cœur de l’enquête

D’après les chiffres rapportés par L’Observateur, l’Administration pénitentiaire aurait évalué les dépenses effectivement constatées sur le premier marché à 3 256 361 394 FCFA, contre un montant contractuel de 6 889 550 381 FCFA. Soit un écart de 3 633 188 987 FCFA dont la justification est recherchée.

Pour le second marché, un différentiel de 2 908 437 720 FCFA serait également resté inexpliqué à ce stade de la procédure.

Dans ce dossier, El Hadji Gora Diop Guèye, alias Pape Gora Guèye, directeur de la société CCDOC, a obtenu récemment une liberté provisoire assortie d’un contrôle judiciaire, après le versement d’une caution. Interpellé à l’Aéroport international Blaise-Diagne (AIBD), il est présenté comme un acteur important de l’affaire.

La décision de la Chambre d’accusation concernant Moussa Seydi est donc attendue dans une procédure où les investigations cherchent à éclaircir les conditions d’exécution et de paiement de ces marchés publics. Les accusations portées contre les personnes mises en cause restent soumises à l’appréciation de la justice.

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