Une affaire d’une rare violence a été évoquée devant le tribunal des flagrants délits de Diourbel. Un chauffeur de « Allô Dakar », poursuivi pour des faits présumés de violences et de vol, est accusé d’avoir grièvement blessé une transitaire à Touba, avant de lui arracher son argent et son iPhone 16 Pro Max. Face à la gravité des accusations, le procureur de la République n’a pas mâché ses mots et a requis la peine maximale.
Les faits, rapportés par L’Observateur, remontent à la fin du mois de juillet, à seulement 48 heures du Grand Magal de Touba. À cette période, R. Gningue, une transitaire domiciliée à Thiaroye, avait sollicité les services de L. Diop, un chauffeur de « Allô Dakar » âgé de 36 ans, pour assurer le transport de sa famille vers la cité religieuse. Le montant convenu pour la prestation était de 450 000 FCFA, avec un engagement de déposer les passagers devant leur concession familiale.
Mais une fois arrivés à Touba, le voyage aurait viré au cauchemar. Selon les informations rapportées par le quotidien, le chauffeur aurait refusé de conduire ses passagères jusqu’à leur destination finale, exigeant qu’elles descendent à l’ancienne gare routière. Une altercation aurait alors éclaté entre les deux parties.
La situation aurait rapidement dégénéré lorsque L. Diop aurait demandé à son acolyte, prénommé Mass et installé au volant, de reprendre la route en direction de Dakar avec les bagages de la famille toujours enfermés dans le coffre.
UNE CHUTE VIOLENTE ET UN IPHONE 16 PRO MAX EMPORTÉ
C’est en tentant de porter secours à sa sœur, qui s’accrochait à la portière du véhicule en mouvement, que R. Gningue aurait été violemment éjectée par le chauffeur. Projetée sur le goudron, la victime aurait subi une double fracture ouverte à la jambe gauche.
Mais le plus choquant dans cette affaire reste la suite des événements. Au lieu de porter assistance à la victime grièvement blessée, le chauffeur aurait profité de sa vulnérabilité pour lui arracher son argent de poche ainsi que son iPhone 16 Pro Max, avant de prendre la fuite avec son complice.
Alerté par les cris de détresse, un vigile du quartier serait intervenu en contactant les sapeurs-pompiers. Évacuée à l’hôpital, la transitaire a finalement subi une intervention chirurgicale. Son état de santé a nécessité une incapacité temporaire de travail (ITT) de 60 jours.
LE CHAUFFEUR INTERCEPTÉ À KIRÈNE APRÈS UN AVIS DE RECHERCHE
Déterminée à obtenir justice, la victime a déposé une plainte auprès des gendarmes de Touba. Un avis de recherche a été lancé le 2 août 2026. Les investigations ont finalement permis aux forces de l’ordre d’intercepter le chauffeur et son véhicule à la gare de péage de Kirène.
À la barre du tribunal des flagrants délits de Diourbel, jeudi dernier, L. Diop a catégoriquement contesté les accusations de violences et de vol. Loin de reconnaître les faits qui lui sont reprochés, il aurait même tenté de rejeter la responsabilité sur la victime.
« C’est de sa faute, elle a refusé de me payer mon argent », aurait-il déclaré devant les juges.
Une ligne de défense qui n’a visiblement pas convaincu le représentant du ministère public.
LE PROCUREUR SORT DE SES GONDS ET RÉCLAME LA PEINE MAXIMALE
Particulièrement remonté contre le comportement du prévenu, le procureur de la République de Diourbel a livré une sévère réquisitoire. Qualifiant le mis en cause de « lâche, misogyne et criminel », le maître des poursuites a dénoncé la gravité des faits et requis la peine maximale.
Le parquet a également regretté que le dossier n’ait pas été orienté vers une juridiction criminelle, estimant que la nature des violences et les faits de vol avec violence allégués méritaient un traitement judiciaire à la hauteur de leur gravité.
LA VICTIME RÉCLAME 5 MILLIONS FCFA
Apparue à l’audience en s’appuyant sur deux béquilles, R. Gningue a donné une illustration poignante des conséquences physiques de cette affaire. Toujours marquée par ses blessures, la transitaire réclame 5 millions de francs CFA à titre de dommages et intérêts.
Son avocat, Me Serigne Diongue, a plaidé pour une réparation financière conséquente, à la mesure du préjudice physique et moral subi par sa cliente.
De son côté, Me Cheikh Ngom, conseil du prévenu, a sollicité la clémence du tribunal et plaidé la relaxe.
Une affaire particulièrement sensible qui remet au cœur du débat la sécurité des passagers et la responsabilité des transporteurs. La décision du tribunal est désormais très attendue.






