La condamnation de l’influenceur Keylor à six mois de prison, dont quinze jours ferme, ne semble pas avoir mis un terme aux préoccupations des commerçants.
Au lendemain du verdict rendu le mercredi 4 novembre 2026, la Fédération nationale des boutiquiers pour la modernisation (FNBM) est montée au créneau pour réaffirmer sa détermination à défendre ses membres contre les menaces, les intimidations et les agressions.
Dans un communiqué publié ce jeudi 5 novembre, l’organisation professionnelle est revenue sur les contours de la décision judiciaire, tout en apportant des précisions sur les conséquences financières et civiles du procès.
Reconnu coupable des faits qui lui étaient reprochés, Keylor a été condamné à six mois d’emprisonnement, dont quinze jours ferme, ainsi qu’à une amende de 200 000 FCFA au profit du Trésor public.
La FNBM a toutefois tenu à lever toute ambiguïté : cette amende ne constitue pas une indemnisation des commerçants concernés ni de la Fédération, les fonds étant exclusivement destinés au Trésor public.
La constitution de partie civile non retenue
Sur le volet civil, la Fédération indique que sa constitution de partie civile n’a pas été accueillie par le tribunal. Elle explique notamment cette situation par l’absence à la barre des commerçants apparaissant dans les vidéos à l’origine de la procédure.
Selon l’organisation, cette non-comparution relevait d’un impératif de précaution, dans un contexte marqué par des inquiétudes sécuritaires. La FNBM affirme néanmoins avoir pleinement assuré la défense des intérêts de la corporation durant toute la procédure.
Au-delà de la décision judiciaire, la Fédération remet au centre du débat la question de la sécurité des boutiquiers dans l’exercice de leurs activités. Elle plaide pour un environnement commercial où les acteurs puissent travailler sans subir de violences, de menaces ou de discriminations.
La FNBM salue la Gendarmerie et appelle à la vigilance
Dans son communiqué, l’organisation a également salué le professionnalisme et la vigilance des éléments de la Gendarmerie nationale. Ces derniers ont assuré la sécurité de sa délégation jusqu’à son véhicule à l’issue d’une audience qui aurait été marquée par des tensions. La Fédération a, par ailleurs, adressé ses félicitations à son conseil pour son engagement dans cette affaire.
Pour éviter de nouvelles situations similaires, la FNBM invite ses membres à signaler immédiatement toute menace auprès des services compétents de la Police ou de la Gendarmerie, ou directement au procureur de la République. Elle recommande également de conserver toutes les preuves susceptibles de faciliter les procédures judiciaires et encourage l’installation de dispositifs de vidéosurveillance dans le strict respect de la réglementation.
Pas de représailles, la Fédération privilégie les voies légales
Malgré la fermeté de sa position, la FNBM tient à prendre ses distances avec toute forme de justice privée. Elle rejette catégoriquement les représailles, les confrontations et les règlements de comptes, privilégiant le recours aux voies légales, au dialogue et à la médiation.
Se présentant comme un défenseur de l’ensemble des acteurs du commerce, sans distinction de nationalité ou d’origine communautaire, la Fédération appelle enfin à la responsabilité collective, au civisme et au rejet des discours haineux.
Un message qui dépasse ainsi le seul dossier Keylor : pour la FNBM, la condamnation prononcée par la justice ne doit pas faire oublier l’urgence de garantir la sécurité des commerçants et de préserver la cohésion sociale.





