Depuis un moment, je m’étais imposé un silence. Un silence né du dégoût face aux manigances politiques, aussi bien du côté du pouvoir que de l’opposition, chacun salissant l’autre dans une danse sans morale. Comme le dit si bien l’adage wolof : « Sone tek tek wonéla yone » — celui qui se tait observe mieux la route.
Mais aujourd’hui, difficile de garder ce silence après la révélation de Madiambal Diagne : un marché d’armement octroyé à la célèbre patronne de Sweet Beauté, Ndèye Khady Ndiaye. Oui, la même Ndèye Khady Ndiaye qui, dans une vidéo devenue virale, affirmait que « ce pays lui appartient » et qu’il lui suffisait d’un coup de fil au président pour obtenir tout ce qu’elle voulait, sans que personne ne le sache.
Alors, question simple, mais dérangeante :
Ndèye Khady Ndiaye a-t-elle été récompensée pour son “silence” et sa “loyauté” dans l’affaire Sweet Beauté ?
Et si le fameux « complot d’hier » n’était qu’un deal de demain ?
Que vaut aujourd’hui le discours de “rupture” et de “moralisation de la vie publique” brandi par le duo Diomaye-Sonko ?
Où est passée la justice qui promettait de libérer le peuple de la corruption et de l’injustice ?
Pendant que certains décrochent des contrats d’armement à coups de relations intimes avec le sommet de l’État, des journalistes croupissent en prison, des citoyens honnêtes subissent des arrestations arbitraires, et la vie devient chaque jour plus chère pour le peuple qu’on prétend servir.
Ironie du sort : ceux qui criaient hier au complot et à la manipulation d’État semblent aujourd’hui en faire un art de gouvernance.
Le peuple sénégalais, lui, regarde, déçu, désabusé, mais lucide.
Ndiawar Diop





